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Images du travail
A l’occasion de la sortie en DVD des films des groupes Medvedkine et des 9es Rencontres Images du travail organisées par le CCPPO et « les amis de la maison du Peuple » au Kursaal, le théâtre de l’Espace vous propose de revenir sur une expérience unique de cinéma qui ressemble à une utopie collective réalisée mais jamais exportée. C’est aussi l’occasion de vous montrer un film important sorti cette année Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés qui révèle les rapports douloureux que nous entretenons souvent avec le travail aujourd’hui et la grande solitude dans laquelle ils nous plongent. On est loin de l’euphorie de la lutte collective des années 68 mais au plus près d’une réalité emblématique des nouvelles formes d’organisation du travail. Les cinéastes, par la qualité de leur présence mais aussi de leur cinéma, libèrent la parole et réalisent un grand film politique au sens le plus noble du terme.
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Mais qui est donc Medvedkine ?
«Alexandre Medvedkine (1900-1989), cinéaste soviétique, est l’inventeur du « ciné-train », unité mobile de production qui sillonna l’URSS en 1932 pour filmer ouvriers, paysans et mineurs du pays, et leur montrer sur le champ leur propre travail (montés le jour même dans le train, les films étaient projetés le lendemain) dans le but de l’améliorer et d’aider à la construction de la Russie Nouvelle (…). Trente-quatre ans après, des cinéastes-ouvriers français ont l’idée de se nommer groupes Medvedkine en hommage à cette incroyable aventure du ciné-train.»
Bernard Bénoliel, Festival Entre Vues, Belfort 2002
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d’Alexandre Medvedkine, 1h04, URSS, 1934
Un paysan naïf accablé par la vie finit par trouver le bonheur, après bien des vicissitudes, en travaillant « malgré lui » dans un kolkhoze. Film muet mythique, au ton comique chaplinesque, le Bonheur a été salué lors de sa sortie par les plus grands maîtres : Sergueï Mikhailovitch Eisenstein en parle avec un enthousiasme peu commun : « voilà donc, non seulement une oeuvre exceptionnelle, mais un auteur exceptionnel » écrit-il en 1936. Le bonheur est le film de toute une vie pour Medvedkine, réalisateur réaliste qui a cru à la révolution.
mardi 10 à 19h00
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de Chris Marker, 2h, France, 1993
« Alexandre Ivanovitch Medvedkine est un cinéaste russe né en 1900. Ces entailles que les pères de famille font au chambranle des portes pour mesurer la croissance de leur progéniture, le siècle les a tracées sur sa vie : il avait 17 ans, c'était l'insurrection d'octobre - 20 ans, la guerre civile, et lui dans la cavalerie rouge, avec Isaac Babel, - 38 ans , les procès staliniens, et son meilleur film Le Bonheur attaqué pour " boukharinisme "… - 41 ans, la guerre, et lui en première ligne, caméra au poing - et quand il meurt en 1989, c'est dans l'euphorie de la perestroïka, convaincu que cette cause du communisme à laquelle il avait consacré sa vie trouvait enfin là son aboutissement… »
mardi 10 à 21h00
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Les groupes Medvedkine, le film est une arme
« De quoi je vous parle ? D’une utopie. De quelques dizaines d’ouvriers des usines Rhodiaceta de Besançon et Peugeot de Sochaux, d’un côté, d’une poignée de cinéastes, réalisateurs et techniciens, de l’autre, qui ont décidé, à cette époque là qui n’est pas n’importe laquelle, de consacrer du temps, de la réflexion, du travail, à faire des films ensemble. »
Bruno Muel
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Les projections seront suivies d’une rencontre avec des membres des groupes Medvedkine
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A bientôt j’espère
Chris Marker et Mario Marret, 1967-68, noir & blanc, 44’
1967, la grande grève de la Rhodiaceta à Besançon annonce déjà mai 68. Entre occupation d'usines et revendications spectaculaires pour l'époque, un groupe de cinéastes, dont Chris Marker en tête de file, filme des militants ouvriers…
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La charnière
1968, son seul, 13’enregistré par Antoine Bonfanti avec ajout d’un texte écrit et lu par Pol Cèbe
Extrait sonore du débat houleux qui a suivi la projection de A bientôt j’espère à Besançon. Les ouvriers ne se reconnaisent pas à travers ce film et ne se privent pas de le dire.
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Classe de lutte
Groupe Medvedkine de Besançon, 1968, noir & blanc, 40’
C’est le premier film réalisé par les ouvriers du Groupe Medvedkine. De la première prise de parole un jour de grève à la création d'une section syndicale, c’est le passage à l’acte militant de Suzanne, ouvrière dans une usine d'horlogerie en 1968, que l’on suit ici.
Mercredi à 19h00
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Lettre à mon ami Pol Cebe
Michel Desrois, José They, Antoine Bonfanti, 1971, couleur, 17’
Où le ruban d'une autoroute se met à enregistrer les pensées… Premier « Road-Movie » ouvrier et un essai cinématographique spontané d’une liberté et d’une inventivité remarquables.
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Avec le sang des autres
Bruno Muel, 1975, couleur, 50’
Dernier film de l’aventure Medvedkine à Sochaux et plongée au cœur de l’empire Peugeot avec la parole inoubliable de Christian Corrouge pour dire le travail à la chaîne, la répression patronale et la souffrance au travail.
mercredi à 21h00
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Le cinéma comme antidote
« Depuis Avec le sang des autres, jamais personne, au cinéma, n’avait décrit si précisément l’engrenage et la contamination, le lent déplacement de l’inhumanité de la chaîne vers l’intimité familiale. Ceux dont le film de Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil recueille la parole sont ouvriers ou manœuvres mais aussi cadres ou gérants. De conditions sociales différentes et d’origines culturelles diverses, aucun n’aurait imaginé un jour figurer dans la même histoire. Les voici pourtant qui apparaissent dans le même film, portant les mêmes stigmates, conséquences des mêmes humiliations. Que peut alors le cinéma, sinon rompre l’isolement et la loi du silence, en offrant modestement d’être là, à l’écoute? En raccordant des mémoires personnelles qui, jusqu’alors se pensaient isolées, les réalisateurs parviennent à dire l’histoire commune, comme un premier antidote à la fatalité du Marché. »
Patrick Leboutte, critique itinérant
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Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés
de Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil, France/Belgique, 1h20, 2005
Jeudi 12 à 20h00
« L’idée du film s’est imposée après la lecture du livre de Souffrance en France de Christophe Dejours. Ce livre fondateur parle de la souffrance subjective de ceux qui travaillent et de la banalisation du mal dans le système néolibéral. Suite à cette lecture, nous avons eu besoin de faire quelque chose de notre côté, à notre façon, de poser un geste cinématographique.[…] Ce film a été possible grâce à la collaboration de trois praticiens et aussi à la participation de Christophe Dejours. C’est un film important à nos yeux. Nous savons pourquoi nous l’avons fait, pourquoi il existe et pourquoi il faut le défendre. C’est un film qui interpelle et qui fait réfléchir. Il dit des choses importantes sur le monde du travail dont on parle peu dans l’espace public. C’est aussi un « film-outil » qui va à l’essentiel avec l’espoir de susciter ou nourrir une réflexion, une parole, un débat public. »
Le dossier du film
Jeudi 12 à 20h00
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Une exposition présentera l'aventure des groupes Medvedkine de Besançon et Sochaux Dans le hall du théâtre, mercredi, jeudi et vendredi à partir de 13h30, entrée libre.
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Et au cinéma Kursaal (Place Granvelle) Du vendredi 13 au dimanche 15 octobre :
9e Rencontres Images du Travail, fragments de vie, fragments de lutte,
Renseignements et programme détaillé au CCPO, tél : 03 81 80 46 93.
Theatre de l’Espace Place de l’Europe, 25000 Besançon Tél : 03 81 51 03 12 espace.cine@free.fr www.theatre-espace.fr
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