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Meurtres d'intérieur
«En mai dernier le Teatre Nacional de Catalunya passait commande à trois chorégraphes autour de l’œuvre de Victor Català (de son vrai nom, Caterina Albert). Cette commande a été pour moi l’occasion de développer de nouvelles pistes de travail, qui mettent en relation le corps et les arts plastiques. La condition féminine est au centre de l’oeuvre de Victor Català et particulièrement dans ses «Drames ruraux». La femme y est soumise à la loi sociale, celle des hommes. Impossibilité, angoisse, folie, peur, violence, sont les mots clés qui m’ont amené à construire ce tableau «Un xiscle estrany que arribà a mes orelles me féu mirar en aquell indret» (Un cri étrange qui arriva à mes oreilles me fit regarder vers cet endroit). Une ligne de tension entre l’espace, le corps, le son et la lumière. Avec «Meurtres d’intérieur» je souhaite explorer un univers de femmes, à partir d’un trio, aller puiser dans l’univers du conte, de l’imaginaire collectif et de la singularité de chacune des interprètes. Travailler aussi à partir de contraintes liées au dispositif scénique et explorer certains matériaux (cheveux, peau, peaux d’animaux, paille...). À ce jour, les textes de Clarice Lispector et notamment « La Passion selon G.H. », les contes d’Andersen, les travaux de la psychanalyste Clarissa Pinkola Estés, les univers des photographes Gregory Crewdson et Erwin Olaf....., nourrissent cette recherche. Dans un monde onirique, trois figures de femmes chacune porteuse d’un mystère, comme des archéologues, elles fouillent les strates de l’inconscient, les parois du fantasme et nous attirent dans leur univers étrange, violent, inquiétant. Désirantes et désirables, elles seront ménagères, sorcières, princesses et tout simplement femmes. C’est avec une folie joyeuse qu’elles explorent, changent de peaux, de figures, d’images, un dépeçage pour aller au plus près de leur identité singulière.» Toméo Vergès
Toméo Vergès
En 1980, le catalan Toméo Vergès s’installe en France. Comme interprète, il travaille tant avec des chorégraphes essentiellement préoccupés par le mouvement qu’avec ceux qui s’approchent davantage d’une voie théâtrale : Marie-Christine Georghiu, Régine Chopinot, Anne-Marie Reynaud, Caroline Marcadé, Charles Cré-Ange, François Verret, Carolyn Carlson, Catarina Sagna. Après quelques incursions au théâtre, Toméo Vergès crée sa compagnie Man Drake en 1992. Depuis, il a conçu plusieurs spectacles au parfum très singulier, où un humour teinté de surréalisme le dispute à des ambiances plus inquiétantes ("Chair de Poule", "Pièce de Coeur", duo dansé et chorégraphié avec Anna Rodriguez, "À Consommer sur place", "Salto Mortal", "La Logique du parquet", "Asphyxies", "Pas de panique", "Pièce(s) détachée(s"), "R.O.T.S. – Radiations-Ondes-Turbulences"). Parallèlement, il propose des performances “hors plateau”, conçues en fonction d’un lieu ou d’un événement spécifique : au Forum Culturel de Blanc-Mesnil dans le cadre de l’exposition “Le Temps déborde”, carte blanche “Transgressions” pour clôturer la résidence de la compagnie Man Drake dans ce lieu, à la Fondation Miró de Barcelone avec Alvaro Morell et Eve Couturier pour le Festival “Dies de Dansa”, avec Alvaro Morell pour le festival “Jardin des deux Rives” à Strasbourg (juin 2004), avec la performance "French Chicken". Le Centre Dramatique de Montreuil, fidèle complice des créations de Toméo Vergès, a accueilli "Body Time" en 2006, inspirée par le roman "Body Art" du New Yorkais Don DeLillo. En 2008, il créé "Idiotas", un spectacle où il explore diverses figures de l'idiot et le rapport que celles-ci pourraient entretenir avec le monde d'aujourd’hui. Créer des frictions/fictions, en juxtaposant des contradictions et en faisant se confronter tragique et comique, réel et virtuel. Il joue avec l'idiotie, le burlesque, comme légitime défense, comme réponse à la violence qui nous entoure. |