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Cinéma italien
La vitalité et la diversité du cinéma italien sont marquées pendant ces années 50, 60 et 70 par la recherche de nouveaux langages, l’invention de nouvelles formes cinématographiques. Ces chefs-d’œuvre réalisés par quelques-uns des grands maîtres du cinéma italien témoignent brillamment de cette puissance créatrice sans précédent.
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La Strada
Federico Fellini – 1h34, Italie, 1954
avec Giulietta Masina, Anthony Quinn
Pour quelques lires, une adolescente, Gelsomina, est vendue par sa mère à Zampano, lutteur de foire. Elle le suit sur les routes et l’assiste dans son numéro de briseur de chaînes. Incapable de s’avouer son amour pour elle, Zampano la maltraite. Elle rencontre alors Il Matto, funambule violoniste et poète, qui la fascine et semble être le seul à la comprendre…
De ce film mythique, le critique André Bazin disait « c’est l’histoire d’un homme qui apprend à pleurer ». Ces larmes refoulées – pas par le spectateur – sont le fruit d’une rencontre improbable entre deux vagabonds en quête d’identité. Zampano, l’Hercule renfrogné, gagne sa vie avec un numéro de cirque très métaphorique : le cœur convulsé sous les chaînes encerclant sa poitrine, il retient son souffle pour tout faire éclater. Gelsomina, sylphe fragile, survit grâce à son mimétisme : incapable d’imposer au monde sa personnalité, elle singe la démarche des bonnes sœurs, ou plie ses bras pour ressembler à un petit arbre […] Roulements de tambour et trépignements : voilà un chef d’œuvre.
Marine Landrot, Télérama
samedi 12 juin à 16h30
mardi 15 juin à 18h30
mercredi 16 juin à 21h
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La Dolce Vita
Federico Fellini – 2h58, Italie, 1959
avec Marcello Mastroianni, Anouk Aimée, Anita Ekberg
Journaliste spécialisé dans les potins mondains, Marcello erre jour et nuit dans Rome à la recherche d’un scoop ou d’une émotion forte.
Le témoignage est là, sur un monde pourri. Fellini, en pleine possession de son génie, nous flanque par la vue cette œuvre qui est considérable. La Comédie Humaine aussi a ses longueurs, cela n’empêche nullement Balzac d’être un génie. Fellini est l’un de nos monstres sacrés, sans doute le plus grand, le plus important du cinéma. La Dolce Vita est un monument. On peut n’en pas aimer toutes les perspectives, on peut chicaner des détails, on ne peut en nier la force, ni l’utilité.
Michel Duran, Le Canard Enchaîné
samedi 12 juin à 18h30
dimanche 13 juin à 20h
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L'Eclipse
Michelangelo Antonioni – 2h05, Italie/France, 1961
avec Monica Vitti, Alain Delon
Pour éviter les ennuis d’argent et avoir une vie plus large, Vittoria, fille d’employés de condition modeste, a vécu pendant trois ans avec Riccardo, jeune attaché d’ambassade. Mais cette vie sans amour lasse la jeune femme, et malgré les supplications de Riccardo, elle rompt avec lui. Elle rencontre alors à la Bourse, où elle retrouve sa mère qui joue pour occuper ses loisirs, un jeune agent de change avec qui elle essaie de réapprendre à aimer. Pourtant, le jeune homme va la décevoir et Vittoria va bientôt retrouver le goût amer de la solitude…
Avec L’Eclipse, Antonioni clôt sa trilogie sur le désarroi de la bourgeoisie italienne, après L’Avventura et La Notte. Il creuse son idée de profonde solitude et d’incompatibilité entre des êtres qui évoluent cette fois dans une société italienne glissant vers le capitalisme et l’économie de marché. Sans aucun repère moral ou social, les personnages du film se perdent dans un monde matérialiste, uniquement intéressés par l’argent et la possession, ce qui fait de L’Eclipse une œuvre résolument moderne.
jeudi 17 juin à 18h30
vendredi 18 juin à 21h |
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Les Poings dans les poches
Marco Bellocchio – 1h47, Italie, 1965
avec Lou Castel, Paola Pitagora, Marino Masse
Une famille renfermée sur elle-même, où fermentent les maladies héréditaires, les amours coupables, les haines hypocrites. Une mère aveugle, littéralement et symboliquement. Une déliquescence fin de race, sombrant dans l’épilepsie et l’idiotie congénitale. Un jeune homme amoureux de sa sœur, assassinant sa mère et son frère. Tels sont le cadre, le climat et le fil dramatique du film. Mais, traduit en phrases, le film est trahi. Le symbolisme primaire et le carnaval morbide, que peut faire légitimement redouter ce trop bref résumé, sont effacés par la tragique grandeur de ce conflit, la passion violente et poétique du réalisateur. […] On crie, on hurle, on tue, on trépigne, on meurt, au rythme d’une partition sauvage et déchirante. Mais, par–delà les paroxysmes des personnages, c’est la voix ardente et solitaire de l’auteur qui s’élève, tremblante parfois, d’émotion contenue. Isabelle Régnier, Le Monde
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Premier film de l’italien Marco Bellocchio, réalisé à tout juste 26 ans, Les Poings dans les Poches fit l’effet d’une déflagration dans son pays, lors de sa sortie en 1965. Il marqua le début d’une radicalisation politique du cinéma italien à laquelle allaient contribuer d’autres cinéastes comme Pier Paolo Pasolini ou Bernardo Bertolucci.
Télécharger le dossier du film
jeudi 17 juin à 21h
vendredi 18 juin à 18h30
samedi 19 juin à 16h30 |
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Théorème
Pier Paolo Pasolini – 1h40, Italie, 1968
avec Silvana Mangano, Terence Stamp
Un jeune homme d’une étrange beauté s’introduit dans une famille bourgeoise. Le père, la mère, le fils et la fille succombent à son charme. Son départ impromptu ébranle tous les membres de la famille...
Théorème a reçu le Grand Prix de l’Office Catholique du Cinéma à Venise. Mais, ni ce prix, ni un accueil chaleureux et réconfortant de la critique internationale n’ont pu empêcher des plaintes d’être déposées sous le prétexte d’obscénité. J’ai été jugé à Venise. J’ai risqué plusieurs mois de prison. J’ai finalement été acquitté. On m’a dit que j’ai trois idoles : Le Christ, Marx et Freud. Ce ne sont que des formules. En fait, ma seule idole est la réalité. Si j’ai choisi d’être cinéaste, en même temps qu’un écrivain, c’est que plutôt que d’exprimer cette réalité par les symboles que sont les mots, j’ai préféré le moyen d’expression qu’est le cinéma.
Pier Paolo Pasolini, 1968
Télécharger le dossier du film
jeudi 10 juin à 21h
vendredi 11 juin à 18h30
lundi 14 juin à 18h30 |
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Mort à Venise
Luchino Visconti – 2h10, Italie, 1971
avec Silvana Mangano, Dirk Bogarde
Un compositeur vieillissant vient chercher à Venise une atmosphère propice à l'épanouissement de son art. N'y trouvant aucune inspiration, sa passion se réveille à la vue d'un jeune adolescent.
Mésestimé dans l'œuvre intimidante de Visconti, cinéaste trop évidemment génial pour déclencher chez la critique un désir de redécouverte et de réévaluation, ce chef-d'œuvre du cinéma mondial n'en est pas moins un grand film. On s'est moqué du raffinement extrême, du perfectionnisme délirant, du goût excessif du cinéaste pour les costumes et les décors, pour ne pas voir que Mort à Venise, au-delà de la méditation sur l'art, la beauté et la vieillesse, est un essai cinématographique sur le regard et le désir. Cette rêverie homosexuelle et décadente dans la lignée de Proust, où le zoom trouve une utilisation géniale comme expression de la pulsion voyeuriste, propose en outre une transposition suprêmement intelligente et sensible des œuvres de Thomas Mann et de Gustav Mahler au cinéma.
Olivier Père, Les Inrockuptibles
jeudi 10 juin à 18h30
lundi 14 juin à 21h
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jeudi 10 juin
vendredi 11 juin
samedi 12 juin
dimanche 13 juin
lundi 14 juin
mardi 15 juin
mercredi 16 juin
jeudi 17 juin
vendredi 18 juin
samedi 19 juin
Plein : 3,50 €
Réduit : montant 3 €
Avantages jeunes et Passeport théâtre de l’Espace : 2,50
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