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Envies d'utopies
Le cinéma en lui-même est déjà une formidable utopie. L'imaginaire porté par le cinéma, toujours en mouvement, ne se satisfait pas de ce qui est déjà là, formé ou formulé mais amène avec lui la possibilité d’inventer un autre rapport au monde. Les cinéastes présents dans ce programme interrogent quelques-unes des plus belles utopies politiques ou sociales de notre époque. Ils ont aussi pour la plupart construit une œuvre exemplaire nourrie de leur capacité à questionner leur art pour inventer d’autres possibles.
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L'An 01
Jacques Doillon, Alain Resnais, Jean Rouch – 1h27, France, 1973
Avec Cabu, Cavanna, Wolinski
Le film narre un abandon utopique, consensuel et festif de l'économie de marché et du productivisme. La population décide d'un certain nombre de résolutions dont la 1ère est "On arrête tout" et la 2ème "Après un temps d'arrêt total, ne seront ranimés que les services et les productions dont le manque se révélera intolérable". L'entrée en vigueur de ces résolutions correspond au premier jour d'une ère nouvelle, l'an 01
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Adapté de la bande dessinée de Gébé, L’an 01 est le reflet d’une époque pleine de fraîcheur, d’utopies, de rêves insensés, d’innocence mais aussi de visions justes sur les excès de notre société de consommation. Doillon, Resnais et Rouch sont aux commandes et ça se sent dans la qualité de la mise en scène. Réjouissant de revoir quantité d’artistes en devenir, Depardieu, Romain Bouteille, la bande du Café de la Gare, l’équipe d’Hara Kiri, Coluche, Higelin, Béranger et j’en passe.
L'œil sur l’écran
jeudi 18 mars à 21h
lundi 22 mars à 18h30
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La Cecilia
Jean-Louis Comolli - 1h53, France/Italie, 1976
A la fin du 19e siècle, des anarchistes italiens, dix hommes, une femme, libertaires, collectivistes, émigrent au Brésil pour y fonder une communauté sans chef, sans hiérarchie, sans patron, sans police, mais pas sans conflit, ni passion. Cette utopie d’hier convoque quelques unes des questions brûlantes d’aujourd’hui : celle d’une organisation non répressive, celle de la circulation du savoir et du pouvoir, celle de la libération des femmes et de la lutte contre l’appareil familial. Les seuls rêves intéressants sont ceux qui mettent en crise le vieux monde. L’utilité des utopies se mesure aux résistances qu’elles rencontrent.
Jean-Louis Comolli
Jean-Louis Comolli est cinéaste ( fiction et documentaire), critique, enseignant, essayiste (Voir et pouvoir, 2004 et Cinéma contre spectacle, 2009). Sa pensée sur le cinéma est une des plus stimulantes.
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vendredi 19 mars à 18h30
lundi 22 mars à 21h
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La Vie est un roman
Alain Resnais – 1h50, France, 1983
avec Vittorio Gassman, Ruggero Raimondi, Fanny Ardant, Géraldine Chaplin – scénario : Jean Gruaut, décor : Enki Bilal
En 1919, dans son château, le comte Forbek propose à ses invités une expérience qui doit les conduire à un état de bonheur permanent et qui se termine en tragédie. En 1982, dans ce même château, des architectes sociologues et enseignants tiennent un colloque sur l'éducation de l'imagination, qui se solde par un échec. Pendant ce temps, des enfants imaginent un conte où un prince vaillant triomphe d'un tyran pour le bonheur de son peuple.
La transformation de l’humain en être de bonheur n’est pas pour demain. Il est question dans le film de pédagogie par l’imaginaire. Resnais apporte à ce questionnement une réponse partielle mais limpide. L’adulte, vis-à-vis de l’enfance, ne doit être ni condescendant, ni béat, ni simplement amnésique mais doit s’y enraciner tel l’arbre gigantesque sur lequel se clôt l’ouvrage. C’est cette intégration qui est au coeur de La Vie est un roman comme une proposition d’accès au bonheur.
Alexandre Angel
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dimanche 21 mars à 20h
mardi 23 mars à 21h
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La Commune (Paris, 1871)
Peter Watkins – 3h30 (version courte), n&b, France, 2000
avec 212 habitants de la région parisienne, de Picardie, du Limousin, des "sans-papiers" d'Algérie, du Maroc, de Tunisie
Nous sommes en mars 1871, dans Paris insurgé. Tandis qu'un journaliste de la Télévision versaillaise diffuse une information lénifiante et partisane, une Télévision communale qui se veut, elle, une émanation du peuple, couvre les événements en direct des rues de Paris... Dans un espace théâtralisé, plus de 200 acteurs non professionnels interprètent des oubliés de la "Commune" et nous font part de leurs désirs, de leurs craintes et de leurs interrogations quant aux réformes sociales et politiques passées, présentes et à venir. La révolution sera-t-elle ou non télévisée... ?
Peter Watkins est un cinéaste hors norme, une légende vivante, un irréductible rebelle.
En interrogeant l’Histoire à la lumière des enjeux d’aujourd’hui, il bouscule le genre documentaire par sa violence insolente et libertaire. Ses films lui valent autant de malveillance que d’admiration et il ne cesse de se heurter à différentes formes de censure. En dépit des difficultés, il réussira à construire une oeuvre originale et engagée, à contre-courant de tous les canons officiels, en tournant un peu partout dans le monde. La Bombe, Punishment Park, Edvard Munch et La Commune (Paris 1871) sont autant de films qui font date dans l’histoire du cinéma.
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samedi 20 mars à 20h
vendredi 26 mars à 18h30
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Grizzly Man
Werner Herzog – 1h40, Etats-Unis, 2005
En octobre 2003, après treize étés passés à observer les grizzlys en Alaska, Timothy Treadwell est retrouvé dévoré en compagnie de sa compagne Amie Huguenard. Werner Herzog tente de cerner la personnalité complexe et controversée de Treadwell via des entretiens avec ses proches, des archives et plus de 100 heures de rushes filmés par « l’homme-grizzly » entre 1997 et 2003. J’ai découvert un film sur l’extase humaine et le bouleversement intérieur déclare Herzog au cours de cette aventure aux confins de la civilisation : Ce n’est pas tant un regard sur la nature qu’un aperçu de nous-mêmes, de notre nature.
Certainement l’un des objets les plus stimulants vus sur les écrans au cours des dernières années, Grizzly Man a pris tout le monde par surprise. Titre trompeur, forme indécidable, le film prend mille atours et fait tourbillonner les signes autour de la figure irréelle et vertigineuse d’un clown rêvant d’infini devant des crottes de grizzly. Realityshow morbide ? Farce hilarante et grotesque ? Fable rousseauiste éprise d’Idéal ? Les aventures de Timothy Treadwell sont un peu tout cela à la fois, plongeant dans une sorte d’interrègne du documentaire où la plus froide des réalités – la mort d’un homme – se délire en bouffées d’épouvante ou de féerie affolant l’imagination.
Vincent Malausa, pour Lycéens et apprentis au cinéma
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jeudi 18 mars à 18h30
samedi 20 mars à 16h
mercredi 24 mars à 21h
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40 ans plus tard
Les étudiants en BTS Systèmes Electroniques du lycée Victor Hugo présentent des films du groupe Medvedkine de Besançon et leurs ciné tracts. La projection sera suivie d’un débat avec des membres des groupes Medvedkine.
Classe de lutte
35mm, n&b, 40 min - 1968
Nouvelle Société
ciné-tracts, 16mm - 1969-70
40 ans plus tard
les ciné-tracts des élèves de BTS
Entre 1967 et 1974, un groupe d’ouvriers de Besançon s’emparent de la caméra et le cinéma devient une arme pour parler de leurs luttes, de leurs conditions de travail, de leur vie… Montage court et plans-séquences, citations du discours du pouvoir et contre témoignages directs, les films Medvedkine appartiennent aux fleurons du cinéma militant.
Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Comment des jeunes, dont les parents ou les grands-parents ont pu connaître ce mouvement le perçoivent-ils ? Comment peuvent-ils se l’approprier? Quels liens entre les générations ces films favorisent-ils? Un échange entre les élèves et des membres du groupe Medvedkine nous aidera à faire le point sur ces questions.
Un atelier proposé par Marion Lary et Addoc (Association des cinéastes documentaristes),
en partenariat avec Lycéens et apprentis au cinéma/Région Franche-Comté et le CCPPO
Mardi 23 mars à 18h30
Entrée libre
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jeudi 18 mars
vendredi 19 mars
samedi 20 mars
dimanche 21 mars
lundi 22 mars
mardi 23 mars
mercredi 24 mars
jeudi 25 mars
vendredi 26 mars
samedi 27 mars
Plein : 3,50 €
Réduit : 3 €
Lycéens, Avantages jeunes et Passeport théâtre de l’Espace : 2,50 €
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