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Le Cinéma de la Musique
Révolutions


Le théâtre de l’Espace est partenaire du Cinéma de la Musique, festival international de films en Franche-Comté. Pour cette première édition, nous vous proposons de découvrir des films qui s’imprègnent de la puissance de l’imaginaire de populations qui ont su exprimer la dureté du quotidien, leur révolte et leurs espoirs à travers chants et musique.
Deux de ces films ont marqué leur époque en se faisant l’écho de mouvements musicaux aussi essentiels que le blues et le reggae. Les deux autres, entre blues malgache et repentistas du Nordeste brésilien, témoignent autant de l’originalité de la démarche du réalisateur que de l’inventivité des peuples apparemment les plus démunis.


 



Jeudi 7 décembre à 19h00

The harder they come
de Perry Henzel (Jamaïque, 1972, 1h40) avec Jimmy Cliff
Présenté par Hélène Lee

Ivanhoe Martin, jeune paysan jamaïcain, rêve de devenir une star du reggae. Il part à Kingston mais c’est un système corrompu qu’il découvre. Devenu hors-la-loi, le jeune fugitif devient un héros pour les opprimés du ghetto…

Première production jamaïcaine, ce film mythique est d’abord un document unique sur la naissance du mouvement reggae, porté par une bande originale exceptionnelle. Mais son impact tient surtout au fait que Perry Henzell montre avec une authenticité poignante la condition de son peuple, alors qu’un climat de tension sociale extrême régnait à l’époque en Jamaïque (10 ans après l’indépendance). Ivanhoe Martin, interprété par le jeune Jimmy Cliff, devint une sorte de martyr d’un système inhumain, et l’oeuvre de Perry Henzell fut perçue comme un puissant appel à la révolte.

Hélène Lee, journaliste et spécialiste de la culture rastafari a largement contribué à faire connaître le mouvement reggae en France. C’est aussi une amie du réalisateur. Elle présentera le film.

 


Jeudi 7 décembre à 21h00

Wattstax
de Mel Stuart (Etats-Unis, 1973, 1h50)

Woodstock noir et concert d'anthologie donné en août 1972 au Watts Stadium de Los Angeles à la mémoire des émeutes de 1967 avec Isaac Hayes, Albert Kint, the Barkays, Little Milton, Rufus Thomas…

Le film fut réalisé sept ans après les évènement tragiques qui marquèrent à jamais les Etats-Unis et la communauté afro-américaine. C'est lors d'un été caniculaire en 1965 que les émeutes de Watts éclatèrent. Les 250 000 habitants de ce ghetto noir de Los Angeles subissaient quotidiennement arrestations arbitraires et violences policières. Le 11 août 1965, une nouvelle arrestation mit le feu aux poudres. Pendant une semaine, les jeunes affrontèrent les forces de police. Les pillages et les incendies firent rage. Ces émeutes firent 34 morts, 900 blessés, des millions de dollars de dégâts. Les étés suivants, et jusqu'en 1967, à Détroit et Chicago notamment, d'autres ghettos s'embrasèrent.

Wattstax se revendique comme le Woodstock noir. Ce titre a été choisi tout d'abord pour sa consonnance très ressemblante avec le nom du festival de rock. C’est aussi la contraction de Watts, le quartier qui s'embrasa durant les émeutes raciales de 1965, et de Stax Records, nom de la maison de disques produisant le film. Stax Records, fondée à Memphis en 1958, fit découvrir, entre autres, Otis Redding, Booker T. Jones, Isaac Hayes, Rufus Thomas. Les fondateurs, Jim Steven et Estelle Axton (d'où le nom Stax), avaient à coeur de dépasser les préjugés pour faire émerger les talents des musiciens noirs, accusés à l'époque de corrompre la jeunesse américaine.

« Loin du simple film-concert, ce témoignage culturel est devenu un manifeste culturel afro-américain qui paraît presque prophétique aux vues des multiples faits divers et autres affaires Rodney King apparues depuis. »
(Score, 2005)

« Film musical, Wattstax est aussi, et peut-être surtout, un acte militant, sans qu'aucun commentaire ne vienne influencer le spectateur.(...) Au-delà de ce balancement quotidien/concert, Wattstax fait surgir de beaux moments de jeu cinématographique. »
(Le Monde, 2005)



Vendredi 8 décembre à 19h00

Saudade do futuro
de Cesar et Marie-Clémence Paes (1h34, France, 2000)

Un film pour découvrir São Paulo et ses poètes de rues, immigrés du Nordeste brésilien, qui n’ont rien à envier aux rappeurs des métropoles occidentales. S’accompagnant à la guitare ou au tambourin, les repentistas nordestins, véritables chroniqueurs du quotidien, improvisent des rimes et des vers chantés qui s’inspirent de la réalité immédiate et des réactions de leurs auditeurs. S’ensuivent des joutes musicales virtuoses, au cours desquelles ces migrants du Nord racontent avec humour et dérision leur vie dans la ville mais aussi leur propre avenir bien moins réjouissant.Saudade do Futuro emprunte les yeux des Nordestins pour regarder São Paulo, et leurs voix pour chanter la ville !



Vendredi 8 décembre à 21h00

Mahaleo
de Paes & Rajaonarivelo (1h32, France, 2005)

En Malgache "Mahaleo" signifie libre, indépendant et autonome. Les sept musiciens du groupe ont toujours refusé le show-business malgré trente ans de succès, et ont choisi de s’engager dans le développement de leur pays.Ces précurseurs du blues malgache sont aussi médecin, chirurgiens, agriculteur, sociologue ou député... Les chansons des Mahaleo ont été le levain du soulèvement de 1972 qui a provoqué la chute du régime néo-colonial à Madagascar. Aujourd’hui elles continuent de bercer la vie des Malgaches.Guidé par la force et l'émotion de leurs chansons, le film est un portrait de Madagascar aujourd’hui. Un autre regard sur Madagascar, à travers la poésie et l’engagement des chansons de ce groupe mythique.



Rencontre avec Agnès Contansou, monteuse du film et Lalao Johannes,
chargée de mission de l'association AMADEA à Madagascar.

Cesar Paes a réalisé entre autres :
Angano...Angano... Nouvelles de Madagascar, 63’ (grand prix du festival dei Popoli et prix des Bibliothèques du Cinéma du réel 1989)
Aux Guerriers du silence, 54’, 1992 (primé à Leipzig et Fribourg)
Le Bouillon d’Awara, 70’, 1996 (primé au festival dei Popoli et au festival de Montréal - Vues d’Afrique)
Saudade do futuro, 94’ (Cinéma du réel2000)

Raymond Rajaonarivelo a réalisé :
Tabataba, 84’ (Quinzaine des réalisateurs, Festival de Cannes 1988)
Le Jardin des corps, 10’ (1994)
Quand les étoiles rencontrent la mer, 86’ (Cannes junior, Festival de Cannes 1996)

Marie-Clémence Paes est co-auteur des films de César Paes et productrice pour Laterit productions

 
Calendrier

Mercredi 6 décembre
10h30, 14h30 et 19h00


Jeudi 7 décembre

Vendredi 8 décembre

19h00
Saudade do futuro

Tarifs

Plein tarif : 5 €
Réduit : 4 €
Groupe : 2,50 €

Forfait soirée : 5 €