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et cinéma
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Cinéma
théâtre de l'Espace

Ciné concert, avec musiciens sur scène

le mardi 27 mars
• à 20h30


Durée : 50 min 





plein tarif : 5€
tarif réduit : 4€
tarif groupe : 3,50€
flecheTout le programme Cinéma de la saison
La chute de la maison Usher

Ciné concert - proposé par Pierre Boespflug

Musique originale interprétée sur scène par :
Pierre Boespflug, piano
Thierry Madiot, trombone et objets
Jean-Marc Montera, guitare de table


Cette rencontre entre le cinéma muet et les musiques nouvelles s’inscrit dans une tradition des débuts du cinéma où chaque représentation était accompagnée d’un ou de plusieurs musiciens.
C’est également le moyen de redécouvrir les richesses d’un patrimoine cinématographique grâce à une lecture musicale actuelle et d’affirmer l’incroyable modernité du film de Jean Epstein.

La Chute de la maison Usher
De Jean Epstein, France, 1928, 50 min

Un ami arrive dans la demeure des Usher. Roderick Usher passe le plus clair de son temps à terminer le portrait de sa jeune épouse sans voir que chaque coup de pinceau sur la toile affecte un peu plus la santé de sa femme. Un jour, elle s'effondre. On l'enterre dans la crypte du parc mais Roderick est persuadé qu'elle n'est qu'endormie. il la rejoindra par une nuit d'orage, tandis que la foudre tombe sur la maison Usher.

Sorti en juin 1928 au Studio 28, La chute de la maison Usher est considéré aujourd’hui comme l’un des sommets du cinéma français de la fin du muet. C’est également l'une des plus magistrales transpositions des Contes et nouvelles de Edgar Allan Poe au cinéma. Enfin, c'est l'oeuvre-clé d'un cinéaste et théoricien fondateur de l'histoire du cinéma, dont les audaces stylistiques et la poésie offrent toujours, près de quatre-vingts ans après sa réalisation, une surprenante modernité.



Jean Epstein, pionnier du cinéma français d’avant-garde, a développé une œuvre au confluent de l'expressionnisme, du romantisme et du surréalisme. Jean Epstein est aussi un théoricien, qui laisse derrière lui de nombreux ouvrages comme Photogénie de l’impondérable (1935), L’intelligence d’une machine (1946). Sa pensée s’inscrit dans une vision mythique du cinéma, un moyen d’accès à un au-delà du monde sensible. Le cinéma est pour lui l’instrument d’une représentation du monde, d’une appréhension du réel, comme de la poésie: un nouvel état d’intelligence.Dans ses films, Epstein s’est attaché à dilater le temps (ralentis, accélérés, inversion chronologiques) pour tenter d’atteindre, au-delà des apparences, la réalité des êtres et des choses. Pour Epstein, le cinéma est proche du rêve et ses films restent invisibles dans les salles aujourd’hui.


La musique, les musiciens
L’instrumentation choisie (piano, trombone, guitare de table) permet d’établir trois plans sonores distincts.Les musiciens, privilégiant l’improvisation, utilisent le film à la manière d’une partition graphique (Cardew, Cage, Feldman…) et transposent à la musique les procédés cinématographiques employés (ralentis, accélérés, leitmotivs) afin de transcrire des plans sonores qui vont pouvoir évoluer et participer au développement même du film. De même que le film se dégage très rapidement d’une narration linéaire traditionnelle, les trois musiciens sont amenés à un jeu ouvert de sons non réductibles à une partition. Les sons se mêlent, s’embrouillent, perdent leur nature instrumentale au même titre que les images se dédoublent, se superposent ou que la figure figée du tableau semble s’animer. Les sons prennent leur autonomie, des masses se dégagent, des couleurs apparaissent. La musique ainsi produite, sans cesse renouvelée, se fond dans l’image et rejoint l’espace-temps indéfini du film.