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Spectacles

jeudi 16 novembre à 19h et 21h


Rencontre avec Robert Bober

En collaboration avec le centre régional du Livre


A 21h00 Projection du film : En Remontant la rue Vilin



flecheTout le programme Spectacle de la saison
Grapiller du bonheur



Rencontre avec Robert Bober

Robert Bober enfant a fui d’Allemagne en France à l’arrivée de Hitler au pouvoir, survécu à la Shoah, été apatride plus de vingt-cinq ans. Son parcours professionnel est à l’avenant : après le certificat d’études, il a été tour à tour tailleur, potier, éducateur, marionnettiste, assistant- réalisateur de cinéma (avec Truffaut), puis réalisateur à la télévision. On lui doit -en complicité avec Pierre Dumayet- les plus beaux portraits d’écrivains jamais tournés, et une oeuvre documentaire considérable.

Son premier roman, “Quoi de neuf sur la guerre ?” paraît seulement en 1994. Il est suivi en 1997 de “Berg et Beck”, “Les Laissées pour compte” est édité en 2005*. Dans ses livres nourris d’expérience et de vécu, Robert Bober entremêle le fil de l’Histoire -la “grande”- et de ses drames, et celui des histoires intimes, minuscules. Sur un ton à la fois grave et léger, il évoque avec beaucoup de précision et d’émotion ces années de l’après-guerre, où tout un petit monde s’acharne à faire que la vie soit vivante, à grapiller du bonheur, à construire sur les ruines de l’irréparable, à se prendre à imaginer un avenir possible; pour que les disparus ne soient pas anéantis une seconde fois, par l’oubli.

* tous trois chez POL éditions.


“Imaginez quelqu’un qui essuie vite une larme de sa joue avant d’ouvrir la porte avec un visage avenant : c’est une page de Robert Bober. Aucune trace de pathos, mais quelle douce présence des morts, des absents, des idéaux révolus, des ébranlements intimes, des chagrins ravalés... Robert Bober est d’une ingénuité d’acier, il se souvient comme l’oiseau chante.”
(Antoine Perraud, Télérama).

“Cultivant l’art des rencontres, Robert Bober fait de sa vie une histoire incroyable qu’il se plaît à raconter comme il aime revenir à la tradition hassidique du récit. (...) Ce qui le touche dans la tradition? La vie. La vie persistante, préservant le sourire malgré tout, les larmes pudiquement rangées dans le secret de la mémoire, entre les mots, là où il y a place pour être vraiment un homme. C’est de cette humanité-là dont Robert Bober parle toujours."
(Sylvie Gouttebaron).

 


En remontant la rue Vilin
de Robert Bober (France, 1992, 50 min)
projection du film à 21h00

Ce film raconte une double aventure. L'histoire d'une disparition, celle de la rue Vilin, à Paris, où Georges Perec a vécu les six premières années de sa vie, classée îlot insalubre et peu à peu démolie. Et la reconstitution de cette rue grâce à six cents photographies réunies comme un puzzle par Robert Bober. Ce film est tout à la fois la rencontre d'un espace de vie, une réflexion sur le regard et un hommage à Georges Perec.