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Images fantômes


Voici quelques belles surprises cinématographiques de ces derniers mois. En premier lieu Rue Santa Fe un documentaire dense, complexe et bouleversant. Carmen Castillo, intime et pudique, plonge au cœur de l’histoire du Chili pour s’interroger aujourd’hui sur le sens d’une vie entièrement vouée à la résistance contre la dictature. En contrepoint, L'État du monde, un programme ambitieux de courts métrages et deux premiers films réussis, Shotgun stories et L’Homme qui marche. Derrière leur apparente simplicité, ces films sensibles revendiquent une fragilité humaine, essentielle pour trouver sa place dans la communauté des vivants. Une fragilité qui pourrait traduire une volonté d’assumer au présent les traumatismes d’hier pour mieux vivre de-main. En travaillant le temps présent, ces films font surgir des fantômes à apprivoiser... de toute urgence.




Rue Santa Fe
Carmen Castillo, 2h43, Chili, 2007

C’est un film sur l’engagement politique, au plus près de la vérité d’une femme chilienne, Carmen Castillo, qui survit à son compagnon, Miguel Enriquez, chef de la Résistance contre la dictature de Pinochet, mort au combat, rue Santa Fe, dans les faubourgs de Santiago du Chili, le 5 octobre 1974. Carmen Castillo parcourt un chemin, qui va de la clandestinité à l’exil, des jours lumineux d’Allende aux longues années sombres de la dictature, avec tous ceux qui ont combattu et ceux qui résistent encore aujourd’hui. Un récit tendu par une interrogation: tous ces actes de résistance valaient-ils la peine? Miguel et les autres sont-ils morts pour rien? Se tissent l’histoire d’une génération de révolutionnaires et celle d’un pays divisé. La quête de sens de ces vies engagées nous conduira dans les sous sols d’un pays amnésique où les morts ne sont pourtant pas morts et où les jeunes inventent, une nouvelle fois, un rêve.

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Vendredi 21 mars à 18h
Dimanche 23 mars à 20h
Mardi 25 mars à 18h
Jeudi 27 mars à 21





L’État du monde
Apichatpong Weerasethakul (Thaïlande), Vicente Ferraz (Brésil), Ayisha Abraham (Inde), Wang Bing (Chine), Pedro Costa (Portugal), Chantal Akerman (France)
1h45, 2008

Un programme entier pourrait être consacré à chacun des réalisateurs engagés dans ce projet. Ils viennent des quatre coins de la planète et sont aussi discrets qu’essentiels dans le paysage du cinéma contemporain. Les courts métrages rassemblés ici permettent d’approcher la singularité de leurs univers respectifs. Le croisement de leur regard donne encore plus de force à l’inventivité qui les caractérise.

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Vendredi 21 mars à 21h
Vendredi 28 mars à 18





L’Homme qui marche
Aurélia Georges – 1h22, France, 2008
Avec César Sarachu, Mireille Perrier, Judith Henry

Milieu des années 70: un photographe fait la connaissance d'un homme émacié et ténébreux, au visage d'oiseau de proie. L'homme s'appelle Viktor Atemian. Cet homme, qui s'improvise écrivain, rencontre le succès, puis traverse le désert pour finir à la rue.

Un film sur le temps qui passe, les renoncements, les sauts dans le vide. Aurélia Georges filme avec sensibilité ce flâneur idéaliste et peu sociable. Porté par l’interprétation magnétique de l’acteur espagnol César Sarachu (aperçu dans les films des frères Quay), L’Homme qui marche est un de ces films qui n’ont l’air de rien mais nous restent longtemps en mémoire.

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Samedi 22 mars à 18h
Mercredi 26 mars à 21h
Samedi 29 mars à 16h





Shotgun Stories
Jeff Nichols – 1h34, États-Unis, 2008
Avec Michael Shannon, Douglas Ligon

Dans une petite ville du sud de l'Arkansas, trois frères n’ont plus aucun contact avec leur père depuis qu'il les a abandonnés dans leur enfance. Il s’est remarié et a eu d’autres enfants. Quand il meurt, les conflits étouffés depuis des années éclatent entre les demi-frères, déclenchant une spirale de violence mortelle. 

La vengeance ne mène à rien. En partant de ce postulat, Jeff Nichols a réalisé un très prometteur premier film qui ne ressemble à aucun autre, même s'il aborde un thème récurrent de la tragédie classique. La sobriété de la mise en scène traduit la banalité soudainement bousculée du quotidien des personnages. Loin de toute performance tape-à-l’œil, les acteurs parviennent à incarner avec dignité et distance des personnalités fières et blessées. Un film qui sait aller à contre-courant en déconstruisant très subtilement la figure classique du héros vengeur.
Claire Fayssinet - Première


Samedi 22 mars à 21h
Jeudi 27 mars à 18h
Dimanche 30 mars à 21h




Calendrier

vendredi 21 mars 
samedi 22 mars 
dimanche 23 mars 
mardi 25 mars
Tarifs

Plein : 3,50 €
Réduit : 3 €
Avantages jeunes : 2,30 €
Passeport théâtre de l’Espace : gratuit