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Cinéma et arts plastiques


Une Carte Blanche du Fonds régional d'Art Contemporain de Franche-Comté.
Pour cette seconde invitation, le Frac invite Anne Durez qui présentera sa vidéo Année Lumière et a choisi de placer en regard Les Saisons de Artavazd Pelechian.






Année Lumière
Anne Durez, 50 min, Norvège, France, 2005-2007

De février à mai 2005, j’ai vécu cette période que l’on appelle l’hiver éclairé, en fin de nuit polaire et jusqu’au jour continu, sur l’Archipel du Svalbard (Spitzberg), la terre habitée la plus proche du Pôle Nord. Année lumière est le récit de cette expérience en milieu polaire, le questionnement lié au fait d’habiter le paysage. Année lumière est une relation au voyage. C’est un film entre fable et songe, entre pressentiment et souvenir. Anne Durez.






Artavazd Pelechian, cinéaste et poète du réel

La sortie en salle cet été de trois inédits de ce cinéaste hors du commun est un événement. Cet artiste du montage crée des symphonies visuelles d'une densité et d'une beauté bouleversantes.
Je suis convaincu que le cinéma peut véhiculer certaines choses qu’aucune langue au monde ne peut traduire. On peut parler des choses mais il y a un seuil au-delà duquel les mots ne suffisent pas pour entrer dans le vif du sujet. Le fait que le mot en appelle à une pensée, à une analyse ou à la psychologie est en contradiction avec ma conception du cinéma comme intuition, émotion, comme saisie de ce qu’on voit. L’existence du mot vient des rapports humains, alors que notre existence en tant qu’être humain vient de la nature. Et moi je tiens à avoir affaire avec notre être naturel. Artavazd Pelechian.

Les Saisons - Arménie, 30 min, 1972

Glissades à flanc de montagne sur des traîneaux de paille, brebis égarées dans un torrent bouillonnant, Pelechian et sa caméra se laissent emporter par une ronde de la vie menée par les bergers arméniens. Moissons, transhumances, les saisons se suivent, prolongeant les rites de ces éleveurs dans un éternel recommencement.

Nous - Arménie, 25 min, 1969
 
Un montage alternant images préexistantes et fabriquées, qui composent une lyrique inquiète, d’un humanisme vibrant, où les regards succèdent aux visages, où le peuple arménien semble résister à toutes les blessures, à toutes les épreuves dont le quotidien rappelle symboliquement la teneur : dramatique avec un enterrement, comique et tragique à la fois, lorsque le conducteur d’un triporteur disparaît dans les gaz d’échappement du véhicule qui le précède, bouleversante lors de la séquence des retrouvailles, où hommes et femmes s’embrassent, s’enlacent, jusqu’au vertige. Sous le regard d’un visage d’enfant, visage primitif, visage douloureux dont la répétition souligne une volonté farouche de partage, de reconnaissance, et de paix universelle.

Notre siècle - Arménie, 45 min, 1982

Une méditation sur la conquête de l’espace, les mises à feu qui ne vont nulle part, le rêve d’Icare encapsulé par les Russes et les Américains, le visage des cosmonautes déformés par l’accélération, la catastrophe imminente... Pelechian procède à la mise en orbite d’un corps désorienté, pris dans la turbulence de la matière. Là, il n’y a plus rien d’humain, ce n’est plus l’homme dans le cosmos, mais le cosmos dans l’homme.





Tarifs

Plein : 3,50 €
Réduit : 3 €
Avantages jeunes : 2,30 €
Passeport théâtre de l’Espace : gratuit