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Expériences
Pour la plupart méconnues, ces premières expériences de cinéma sont de purs joyaux. Aujourd’hui reéditées en copies neuves, ces oeuvres ont en commun d’aborder le cinéma comme ouverture sur le monde par une mise en scène exceptionnelle du monde de l’enfance. Poétiques, par le regard émerveillé des enfants sur le monde qu’ils découvrent, ces films sont aussi étrangement inquiétants. Toutes les peurs de l’enfance s’y nouent avec force : peur d’un monde incompréhensible, peur de mourir, peur de vivre, peur d’être soi. Expériences traumatisantes et fondatrices, apprentissage du regard et de l’inquiétante étrangeté du monde mais aussi réflexion sur le cinéma. Dans L’Esprit de la ruche, Victor Erice raconte sa propre histoire en mettant en scène une jeune spectatrice qui voit son premier film. Pour l’enfant qui a encore du mal à faire la différence entre la réalité et la fiction, tout jaillit de cette scène primordiale: celle de la rencontre d’une petite fille avec un monstre (la célèbre scène de Frankenstein), contemplée à son tour par un regard qui observe le monde pour la première fois.
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Le Petit Fugitif
Ray Ashley, Morris Engel et Ruth Orkin – 1h30, Etats-Unis, 1953
Avant-première en copie restaurée – sortie le 11 février
Joey, un garçon de sept ans, vit avec son grand frère Lennie et sa mère dans Brooklyn. Devant s’absenter, elle confie Joey à la garde de Lennie, qui ne l’entend pas de cette façon. Il tente de se débarasser de son petit frère encombrant et lui joue une mauvaise blague en lui faisant croire qu’il l’a accidentellement tué. Joey tombe dans le panneau, et ne voit qu’une issue possible : la fuite à Coney Island, cette immense plage pleine de jeux et d’attractions, pour se cacher. Il va vivre là-bas toute une journée et une nuit de liberté et d’aventures...
Le Petit Fugitif marque un tournant dans l’histoire du cinéma et la naissance d’un nouveau cinéma indépendant. Pour pallier au manque d’argent, Morris Engel crée un harnachement pour caméra, spécialement conçu pour le film, qui lui permet de filmer les badauds de Coney Island sans être vu. Les figurants authentiques et la matérialité des attractions de Coney Island donnent au Petit Fugitif un aspect très réaliste, souvent proche du documentaire. Mais bien plus qu’un témoignage inestimable sur son époque, le film vaut par son traitement novateur de la peur et de l’émerveillement enfantins. Les cent détails qui le composent, des moments d’humour, de poésie, de trouble, d’émotion sont servis par la qualité de la photographie et l’originalité des cadrages. Le film suscita l’admiration des cinéastes de la future Nouvelle vague et Truffaut lui rendra hommage dans Les Quatre cent coups.
vendredi 6 février à 18h30
dimanche 8 février à 20h
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La Nuit du chasseur
Charles Laughton – 1h33, Etats-Unis, 1955
Avec Robert Mitchum, Lilian Gish
Film cultissime, inclassable et toujours aussi sublime, La Nuit du chasseur a traversé l’histoire du cinéma sans rien perdre de son mystère et de son pouvoir de fascination. D’une force et d’une beauté poétiques rares, le film laisse peu de prise à l’analyse rationnelle. Vrai thriller horrifique, La Nuit du chasseur est un film crépusculaire qui entraîne ses personnages dans le plus terrifiant des cauchemars: celui qui voit se produire la mort du père et la fin de l’enfance. Le film de Laughton trouble aussi pour son atmosphère, aussi irréelle qu’inquiétante, créée en partie par la lumière tout en contrastes et par la qualité de sa composition plastique. C’est aussi l’unique réalisation de l’acteur Charles Laughton.
lundi 9 février à 18h30
vendredi 13 février à 21h
samedi 14 février à 16h
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Expérience
Accompagné de La Récréation et Le Pain et la rue
Abbas Kiarostami, Iran
Inédites en France, les trois premières réalisations du cinéaste iranien sortent enfin en salle. Kiarostami invente dès ses premiers plans un pur langage cinématographique et pose les bases de sa méthode de travail qu’il ne cessera d’affiner en la radicalisant: filmer dans des décors naturels, avec des acteurs non professionnels, la vie quotidienne et simple de gens ordinaires, brouillant les pistes entre documentaire et fiction.
Le Pain et la rue - 1970, 10 min
Un jeune garçon rentre chez lui après avoir acheté du pain. Dans une ruelle, un chien errant lui bloque le passage…
L’environnement banal devient soudain territoire dangereux, espace fantastique, décor onirique. La réponse trouvée par l’enfant et par le cinéaste – aller au devant du danger et le transformer en compagnon – est proprement géniale.
Les Cahiers du cinéma
La Récréation - 1972, 10 min
Puni pour avoir brisé une vitre avec son ballon, un enfant est exclu de la classe… Pourtant l’enfant ne rentre pas chez lui mais erre dans la ville. Il a en effet peur d’une autre punition, celle de ses parents.
Expérience - 1973, 1h
Un adolescent de quatorze ans, employé à tout faire dans une boutique de photographe, est amoureux à distance d’une jeune fille de la bourgeoisie de Téhéran. Croyant surprendre son regard approbateur, il décide de proposer ses services à ses parents… Film admirable et très peu vu, Expérience enregistre avec une précision de sismographe et une sensibilité de poète le travail de Mamad pour exister. Ce travail consiste à essayer de produire sa propre place dans le monde qu’il s’agisse de s’adapter ou au contraire de se distinguer, de se poser en s’opposant. Inexorablement, le film est la description de l’échec de cette entreprise.
Les Cahiers du cinéma
vendredi 6 février à 21h
mercredi 11 février à 21h
jeudi 12 février à 18h30
vendredi 13 février à 18h30
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L’Esprit de la ruche
Victor Erice - 1h38, Espagne, 1973
Avec Ana Torrent
Il était une fois dans un petit village de Castille, vers 1940… La projection du film Frankenstein s’apprête à démarrer. Parmi les spectateurs, la petite Ana, sept ans, est émerveillée. Le soir, elle en parle avec sa sœur aînée, Isabel. Ana est persuadée que le monstre du film existe vraiment. Le jour où elle découvre un soldat blessé réfugié dans une grange, elle se met à l’aider, s’identifiant de plus en plus à la petite fille du film et à son monstre. Pendant ce temps-là, dans la grande maison familiale, sa mère écrit une lettre à un homme, et son père s’occupe de ses abeilles…
D’une richesse inouïe, L’Esprit de la ruche est aussi bien une exploration sensible et magique du monde, qu’un symbole caché des ravages laissés par la guerre et des décennies de dictature. À la fois sombre et lumineux, porté par le jeu de ses actrices et la beauté des images, L’Esprit de la ruche constitue une expérience inoubliable et intemporelle. C’est aussi le film qui révèle Ana Torrent au cinéma, immortalisée trois ans plus tard dans Cria Cuervos. Victor Erice reste pourtant méconnu aujourd’hui. Réalisateur rare et précieux, il n’a tourné que trois longs métrages mais cela suffit pour faire de lui un cinéaste majeur. L’Esprit de la ruche est son premier film, il tournera ensuite El Sur (1983) puis Le Songe de la lumière (1992), sur son ami peintre Antonio López. Trois décennies, trois chefs d’œuvre. Le Centre Pompidou vient de lui consacrer une exposition construite à partir de lettres vidéo échangées avec Abbas Kiarostami.
mardi 10 février à 21h
jeudi 12 février à 21h
samedi 14 février à 18h30
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jeudi 5 février
vendredi 6 février
samedi 7 février
16h00 A Côté
18h30 Chop Shop
dimanche 8 février
lundi 9 février
mardi 10 février
21h00 L'Esprit de la ruche
mercredi 11 février
jeudi 12 février
vendredi 13 février
21h00 La Nuit du chasseur
samedi 14 février
18h30 L'Esprit de la ruche
Plein : 3,50 €
Réduit : 3 €
Avantages jeunes et Passeport théâtre de l’Espace : 2,50 €
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