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Japon, Nouvelle vague
Phénomène mondial, la Nouvelle Vague a bouleversé les fondements du cinéma japonais, au moment où le Japon se lançait dans un développement économique fabuleux. Ce fut aussi la période des contestations idéologiques et stylistiques au sein des grandes compagnies de production en pleine décadence. Les plus radicaux Oshima, Yoshida ou Shinoda s’illustraient à la Shochiku tandis qu’Imamura (à qui nous avons déjà consacré un programme complet) révolutionnait la Nikkatsu. Critiquant l’académisme de leurs aînés, tout en déclarant leur profonde admiration pour Godard, Truffaut, Resnais ou Antonioni, ils deviennent les figures de proue d’un cinéma moderne et engagé, conscients des désirs et des rages qui agitent la jeunesse de leur époque. Ils s’attaquent aux conventions sociales, aux normes cinématographiques en vigueur, à tous les tabous moraux ou sexuels d’une société japonaise en pleine ébullition et inventent une nouvelle manière de faire du cinéma.
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Contes cruels de la jeunesse
Nagisa Oshima – 1h36, coul, 1960 - avec Yusuke Kawazu, Miyuki Kuwano
Makoto, adolescente un peu perdue, fait la connaissance de Kiyoshi, jeune homme sans foi ni loi. Elle quitte sa famille pour le suivre.
Tous mes films se concentrent sur des crimes, dira Oshima. La délinquance est l’expression d’une critique immédiate de la société, ainsi que la seule possibilité de communiquer offerte à l’individu. Il dénonce une mentalité japonaise murée dans ses traditions et hostile aux libertés individuelles. Le film fit scandale mais surtout, révéla une écriture nouvelle et créative, dans un cinémascope inventif et un montage moderne. Ce succès permit à Oshima de réaliser l’année suivante Nuit et brouillard au Japon dont le titre est un hommage à Resnais. Ouvertement politique, d’une grande complexité formelle, brulôt révolutionnaire ou anarchiste, le film fut retiré des écrans au bout de quatre jours et Oshima claqua la porte de la Shochiku pour fonder sa première compagnie indépendante et tourner ses films suivants en toute liberté (dont l’Empire des sens en 1976).
samedi 6 juin à 21h
mercredi 10 juin à 18h30
vendredi 12 juin à 21h
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L’Ile nue
Kaneto Shindo – 1h29, n&b, 1960 – avec Nobuko Otowa, Taiji Tonoyama
Musique : Hikaru Hayashi
La vie âpre et rude d’une famille de pêcheurs sur une petite île au large du Japon : plusieurs fois par jour, ils doivent aller puiser de l'eau sur l’île voisine pour irriguer leurs champs. Un jour plus faste que les autres, les enfants attrapent un gros poisson et le vendent à la ville. Mais peu après, l’aîné des garçons meurt… Dans un accès de rage, la mère décide de se révolter contre le sort qui les accable.
Primée au festival de Moscou en 1961, L’Ile nue reste une oeuvre essentielle du cinéma japonais. Porté par la beauté éblouissante de ses images en cinémascope et la subtilité du thème musical de Hikaru Hayashi, le film n’a rien perdu de sa puissance poétique et offre, via l’étonnante composition de ses plans séquences, une vision originale du Japon de l’époque. Réalisé avec un budget dérisoire, ce treizième long métrage de Kaneto Shindo s’impose, par l’intelligence de sa mise en scène, comme une œuvre d’un rare éclat et d’une profonde intensité dramatique.
Télécharger le dossier du film
samedi 6 juin à 18h30
dimanche 7 juin à 20h30
lundi 8 juin à 21h
La projection du film sera suivie d'une lecture du portrait de Nobuko Otowa par Christophe Fourvel, extrait de son livre, Portraits de femmes magnifiques.
En savoir plus
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La Femme des sables
Hiroshi Teshigara – 2h21, n&b, 1964 - avec Eiji Okada, Kyoko Kishida – Scénario Kobo Abe - Musique Toru Takemitsu
Parti ramasser des insectes dans le désert, le professeur Junpei Niki manque le dernier bus pour rentrer chez lui. Un villageois l’invite alors à passer la nuit dans leur village. Mais il ignore que la maison de la femme qui va l’accueillir se trouve au fond d’un fossé dans la dune et n’est accessible que par une corde. Au petit matin, l’homme se rend compte qu’il a été fait prisonnier.
Entre allégorie de la société et symbole de la condition humaine, le film s’impose comme une référence marquante du cinéma japonais, née d'une rencontre réussie entre le cinéaste et le Prix Nobel de littérature, Kobo Abe. Servi par la musique du compositeur avant-gardiste Toru Takemitsu, le cinéaste façonne un univers artistique fascinant, où les thèmes de l'identité, du double et de la manipulation prennent un nouveau sens. La Femme des sables a remporté le Prix Spécial du Jury à Cannes et a été nommé deux fois aux Oscars.
mercredi 10 juin à 21h
jeudi à 18h30
samedi 13 juin à 16h
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Harakiri
Masaki Kobayashi – 2h15, n&b, 1962 - avec Tatsuya Nakadai, Rentaro Mikudi – Scénario : Shinobu Hashimoto - Musique Toru Takemitsu
Au XVIIe siècle, le Japon n’est plus en guerre et la plupart des samouraïs se retrouvent sans maître (les ronins) et vivent dans la misère. Hanshirô Tsugumo, un ronin parmi tant d’autres, décide de frapper à la porte du puissant clan des Ii. Reçu par Kageyu Saitô, l'intendant du clan, il lui demande la permission d'accomplir le suicide par harakiri dans la résidence. Tentant de l’en dissuader, Saitô commence alors à lui raconter l’histoire de Motome Chijiwa, un autre ronin qui souhaitait accomplir, lui aussi, le même rituel…
Masaki Kobayashi revisite et transcende les codes du chambara, c'est à dire les films de sabre japonais (une institution en terre nippone). Porté par le scénario de Shinobu Hashimoto (scénariste de Kurosawa) et la musique de Takemitsu, il conteste avec virulence la soumission des hommes à des valeurs ancestrales et archaïques. D’une beauté formelle éblouissante, le film reste étonnamment moderne et provoque des résonances troublantes dans notre monde en crise aujourd’hui. A découvrir absolument.
vendredi 5 juin à 18h30
lundi 8 juin à 18h30
dimanche 14 juin à 20h30
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La Bête aveugle
Yasuzo Masumura - 1h26, coul, 1969 - avec Eiji Funakoshi, Mako Midori – interdit aux moins de 16 ans.
Un sculpteur aveugle enlève et séquestre dans son atelier, une jeune modèle pour qu'elle devienne une statue idéale. Comprenant après plusieurs vaines tentatives qu'elle ne pourra fuir ce cauchemar, la victime est peu à peu attendrie et envoûtée par son bourreau ...
Yasuzo Masumura (L’Ange rouge, La Femme de Seisaku, Tatouage…) est l’auteur d'une oeuvre qui compte 55 films réalisés, pour l'essentiel dans le cadre du studio Daiei, entre 1957 et 1982. Précurseur de la Nouvelle Vague, ses premiers films témoignent d'emblée d'un ton nouveau, en rupture avec le classicisme alors triomphant. Vitesse, insolence, affirmation débridée de l'individualisme et du désir, raffinements de perversité et satire au vitriol du capitalisme prennent soudain à rebours un cinéma dominé par l'esprit de résignation et de sacrifice à la collectivité (…). Son cinéma ne peut pas être réduit à la pure complaisance de la provocation. Ses films ont en effet ceci de commun que le désir y est toujours assujetti au regard, et que ce regard est en quête d'un absolu de la beauté dont l'accomplissement entraîne la pure et simple dissolution.
Jacques Mandelbaum, Le Monde
vendredi 5 juin à 21h (nuit érotique)
vendredi 12 juin à 18h30
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Fleur secrète
Masaru Konuma – 1h14, coul, 1974 – avec Naomi Tani, Nagatoshi Sakamoto - Interdit aux moins de 16 ans
La sublime épouse d’un PDG refuse de se soumettre aux fantasmes de son mari. Frustré, ce dernier demande à l’un de ses employés modèles, dont la mère fut une « maîtresse » réputée, de l’initier à des plaisirs interdits.
Masaru Konuma est un des maîtres du roman-porno, ces films érotiques à petit budget qui ont sauvé les grands studios japonais du désastre au début des années 1970 et dont il a signé plus de quarante titres entre 1971 et 1986. Dans les films de Konuma, les relations hommes-femmes sont construites sur des rituels d'humiliation… Mais par le soin accordé à sa mise en scène et, surtout, par la présence d'une héroïne suppliciée (Naomi Tani, star du bondage et icône de Konuma), ce conte pervers est aussi une réflexion sur les méandres du désir. Ici, le fétichisme, l'exaltation du toucher, le plaisir dans la souffrance s'avèrent autant les éléments d'un manifeste esthétique que d'un drame sexuel…l'ivresse, le mauvais goût et la folie en plus.
vendredi 5 juin à 23h (nuit érotique)
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vendredi 5 juin
samedi 6 juin
dimanche 7 juin
20h30 L'Ile nue
lundi 8 juin
mardi 9 juin
mercredi 10 juin
21h00 La Femme des sables
jeudi 11 juin
vendredi 12 juin
samedi 13 juin
dimanche 14 juin
20h30 Harakiri
Plein : 3,50 €
Réduit : 3 €
Avantages jeunes et Passeport théâtre de l’Espace : 2,50 €
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