|
|
Japon, un âge d'or
Pour le public cinéphile occidental, le cinéma japonais débute avec Rashomon, d’Akira Kurosawa. Cette révélation inattendue, six ans après la fin de la guerre, d’un cinéma différent, fascinant aussi bien par son sujet que par sa technique, fut suivie de celle de l’œuvre de Kenji Misoguchi, qui accumula les récompenses au même festival de Venise, en particulier pour son film demeuré le plus célèbre, Contes de la lune vague après la pluie (1953). Yasujiro Ozu, absent des festivals européens par la trop prudente volonté de sa compagnie de production, demeura inconnu des spectateurs français, avant de devenir, plus de 25 ans après sa mort, un des piliers du cinéma mondial. De même pour Mikio Naruse et pour tant d’autres restés inédits alors même qu’ils s’imposaient au Japon dès les années trente en plein âge d’or des studios.
Le Cinéma Japonais, Une Introduction, Max Teissier.
Voici donc quelques-uns de ces films incontournables, qui ont jalonné notre découverte fragmentaire d’une des plus importantes industries cinématographiques au monde et qui continuent, par leur qualité et l’universalité de leur propos, de nous éblouir et d’influencer les cinéastes d’aujourd’hui.
|
Rashomon
Akira Kurosawa – 1h24, n&b, 1950
avec Toshiro Mifune, Machiko Kyo
L’histoire est simple : Qui a tué le mari ? Le bandit Tajomaru, la femme, un bûcheron qui passait ou le mari lui-même qui se serait suicidé ? Autant d’hypothèses vraisemblables. Mais les dépositions des témoins devant le tribunal apportent à chaque fois une version différente du drame, et la vérité ne percera qu’après de nouvelles révélations surprenantes…
Lion d’Or au Festival de Venise, Oscar du Meilleur Film étranger, Rashomon est le film qui révéla Akira Kurosawa et le cinéma japonais au monde entier. Bénéficiant d’un montage novateur et d’une interprétation hors pair, le récit labyrinthique de Rashomon , illustré par une caméra virtuose, entraîne le spectateur dans un dédale d’ombre et de lumière où témoignages et suspicions, informations contradictoires et vérités partielles font vaciller la réalité toute entière. Face aux ténèbres de l’âme humaine, Kurosawa garde cependant une foi inébranlable en l’homme et conclut son film d’une lueur d’espoir qui baignera toute son œuvre.
Télécharger le dossier du film
samedi 9 mai à 14h
mercredi 13 mai à 18h30
jeudi 14 mai à 20h30 – séance présentée par le ciné-club du Lycée Pasteur
|
|
Contes de la lune vague après la pluie
Kenji Mizoguchi – 1h33, n&b, 1953
avec Machiko Kyo, Masayuki Mori, Kinuyo Tanaka
Dans la région d'Omi, sur les bords du lac Biwa, un potier, Genjuro, vit pauvrement, sous la menace des hordes de l'armée Shibata. Ce soir-là, la fournée a été bonne; il décide d'aller à la ville, en compagnie de son beau-frère vendre le produit de son artisanat.
Le chef d’œuvre de Mizoguchi, le chef d’œuvre du cinéma japonais, un des plus beaux films de l’histoire du cinéma. C’est une somme où convergent et s’additionnent les tendances les plus opposées de l’art, ses sources d’inspiration les plus diverses. […] C’est à la fois le mythe grec de l’Odyssée et la légende celtique de Lancelot, un des plus beaux poèmes d’aventure et d’amour-fou, un des chants les plus fervents qui aient été composés en l’honneur du renoncement et de la fidélité, un hymne à l’Unité, en même temps qu’à la diversité des apparences. C’est un conte de fées, traité avec un réalisme si minutieux qu’on peut dire que le Moyen Age n’avait jamais été, avant lui, évoqué correctement sur un écran. »
Eric Rohmer, Cahiers du cinéma, n° 81- mars 1958
samedi 9 mai à 18h30
lundi 11 mai à 21h
jeudi 14 mai à 18h30
|
|
Nuages d’été
Mikio Naruse – 2h08, coul, 1958
avec Chikage Awashima, Choko Iida
Un journaliste s'installe à la campagne pour rédiger un article sur les paysans de la région d'Atsugi. Il fait alors la connaissance de Yaé, une veuve qui va lui conter l'histoire de sa famille. Dans ce poignant conflit de générations, Naruse ne prend aucun parti. Sa mise en scène est justement équilibrée entre la souffrance d’un père qui se raccroche désespérément aux traditions et la détermination sans faille de ses enfants à trouver le bonheur dans la modernité. Entièrement tourné en extérieurs, premier film en couleur de Naruse, Nuages d’été marque aussi la fin d’une époque dans l’histoire du Japon.
Né en 1909, dans un milieu modeste, orphelin très jeune, Naruse réalisera 87 films. Il s’impose comme le cinéaste des classes populaires et de la psychologie féminine. Il est l’un des plus talentueux représentants du shomin geki, un genre qui vise à dépeindre le quotidien du petit peuple. Il meurt en 1969 à un moment où la crise économique et artistique qui secoue le Japon va transformer durablement le paysage du cinéma et marquer la fin du cinéma classique.
 Télécharger le dossier du film
samedi 9 mai à 16h
mercredi 13 mai à 21h
vendredi 15 mai à 18h30
|
|
Voyage à Tokyo
asujiro Ozu – 2h16, n&b, 1953
avec Chishu Ryu, Chieko Higashiyama, Setsuko Hara
Scénario : Kogo Noda - Image : Yuharu Atsuta
Un couple âgé entreprend un voyage à Tokyo pour rendre visite à ses enfants. D’abord accueillis avec les égards qui leur sont dûs, les parents s’avèrent bientôt dérangeants. Seule Noriko, la veuve de leur fils mort à la guerre, trouve du temps à leur consacrer. Les enfants, quant à eux, se cotisent pour leur offrir un séjour dans la station thermale d’Atami, et se décharger ainsi de leur présence…
C’est le film le plus célèbre d’Ozu (1903-1963) en France, où il ne sortit qu’en 1978, soit 25 ans après sa réalisation et 15 ans après la mort du réalisateur. Cinéaste de l'intime et de la famille, Ozu a réalisé 54 films qui nous sidèrent toujours par leur beauté, leur universalité et leur intemporalité.
vendredi 8 mai à 18h30
samedi 15 mai à 16h
dimanche 17 mai à 20h30
|
|
Fin d’automne
Yasujiro Ozu – 2h10, coul, 1960
avec Setsuko Hara, Miyuki Kuwano, Shinichiro Mikami
Scénario : Kogo Noda - Image : Yuharu Atsuta
Une jeune fille, Ayako, qui vit avec sa mère, refuse de se marier. La mère croit que sa fille se sacrifie pour elle et tente de lui trouver un mari. Ayako pense que les motivations de sa mère ne sont pas si nobles: une fois débarrassée d'elle, cette dernière pourra se remarier. Elle accepte finalement de convoler et laisse sa mère seule.
Avec Ozu, la fragilité de l’être humain devient belle. Dans une mise en scène la plus simple possible, l’interprétation de ses acteurs est admirable, toute de nuances et de sentiments retenus. Au fil du temps, Ozu s’est progressivement débarrassé de tout effet ou mouvement qu’il juge inutile. Une fois pour toutes, la caméra est fixe, posée à la hauteur d’une personne accroupie sur le tatami. Point de snobisme mais la marque d’un cinéaste parvenu à maturité, un artisan qui ne s’est jamais pris pour un artiste.
vendredi 8 mai à 21h
vendredi 15 mai à 21h
samedi 16 mai à 18h30
|
|
Bonjour
Yasujiro Ozu – 1h34, coul, 1959
avec Koji Shidara, Masahiko Shimazu, Chishu Ryu
Scénario : Kogo Noda iImage : Yuharu Atsuta
Deuxième film en couleur de Ozu, Bonjour est une comédie réalisée au début de l’année 1959, qui s’avèrera être une année charnière au Japon. C’est l’année où le mariage de l’empereur a été retransmis à la télévision et des millions de japonais se sont équipés d’une télé à ce moment-là. Cela a porté un coup très violent aux compagnies de cinéma. Il y a eu des faillites et beaucoup de travailleurs du cinéma sont partis à la télévision. C’est aussi, à cause, ou grâce à cette crise qu’une nouvelle génération de cinéastes contestataires commencera à s’exprimer.
Ce film est également programmé en ciné-jeunes.
mardi 12 mai à 18h30
mercredi 13 mai à 14h30
samedi 16 mai à 14h
|
vendredi 8 mai
samedi 9 mai
dimanche 10 mai
lundi 11 mai
mardi 12 mai
mercredi 13 mai
jeudi 14 mai
vendredi 15 mai
samedi 16 mai
16h00 Voyage à Tokyo
dimanche 17 mai
Plein : 3,50 €
Réduit : 3 €
Avantages jeunes et passeport théâtre de l’Espace : 2,50 €
|
|