Des femmes cinéastes (Karen Yedada, Ronit Elkabetz) se sont récemment imposées dans un univers masculin dénonçant avec une sensibilité nouvelle les effets dévastateurs de certaines valeurs guerrières et patriarcales. Interroger la place de la religion (Avanim, My Father My Lord), remettre en cause les mythes fondateurs d’Israël (Pour un seul de mes deux yeux) ne sont plus des sujets tabous. Les conséquences tragiques de la guerre apparaissent sous la forme de traumatismes longtemps refoulés (Valse avec Bachir, Lebanon, Z32). Infatigable, le cinéaste militant Avi Mograbi ne cesse depuis vingt ans, à travers ses films engagés et hors norme, de dénoncer les violences faites aux Palestiniens et renvoie la prise de conscience individuelle à une responsabilité politique et collective.
 
Aussi subversifs et virulents soient-ils, tous ces films sont réalisés avec des fonds publics. L’État israélien soutient le développement de son cinéma, devenu miroir critique d’une société partagée entre désir de normalité et nécessité de réagir. Un cinéma qui montre aussi que la légitimation de la violence et de la répression pourrait se retourner comme un boomerang contre l’ensemble de la société israélienne.
 
Un programme réalisé en partenariat avec la Ville de Besançon.