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Relevant d’une tendance importante du cinéma israélien contemporain consacrée à l’exploration de la périphérie, le premier film de Mushon Salmona tente une synthèse entre deux veines cinématographiques en apparence contradictoires ; Une approche « néoréaliste » (critique sociale, décor naturel, acteurs non professionnels, improvisation) d’une part, un modèle standardisé de genre - « le film de sport » - de l’autre.
Les plus beaux moments d’Une jeunesse israélienne sont en effet ceux qui échappent à l’intrigue, des « temps morts » d’une justesse bouleversante, comme la scène montrant la promenade nocturne des deux enfants éthiopiens qui regardent la ville à partir d’une colline environnante, une vision qui éveille en eux la nostalgie de l’Afrique. Le film est porté du début à la fin par David Teplitzsy qui incarne Dima, le gardien de but, un jeune immigré russe mêlé à une affaire de trafic de drogue. Véritable révélation, cet acteur impose une présence intrigante, mélange de beauté juvénile, d’innocence et d’agressivité contenue. Mieux que toute thèse sociologique, ce corps énergique et enragé peut se voir comme le symbole d’une société minée par sa violence interne. |