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Out Of The Ghetto

 

Au début des années 70, l’acteur noir américain au cinéma est encore la plupart du temps cireur de chaussures, employé de maison, musicien ou danseur de cabaret. En 1971, six ans après les émeutes raciales sanglantes de Los Angeles (voir Wattstax de Mel Stuart), le succès phénoménal de Sweet Sweetback's Baad Asssss Song, film insolent et radical, réalisé par Melvin Van Peebles, avec des acteurs noirs, va ouvrir la voie au cinéma afro-américain. Il sera à l’origine d’une nouvelle vague de films à la fois populaires et rentables, nommée Blaxploitation.
   
 
 

 

Wattstax
Mel Stuart – 1h50, coul, Etats-Unis, 1973
avec Jesse Jackson, Isaac Hayes, Rufus Thomas, Staple Singers, Albert Kint, the Barkays, Little Milton, Richard Pryor.

20 août 1972, Los Angeles: sous l’égide du label Stax Record de Memphis et de sa plus grande star Isaac Hayes, s’ouvre un concert d’anthologie, à la fois acte militant et gigantesque fête populaire, qui restera dans les annales comme le Woodstock de la communauté afro-américaine. Six heures d’euphorie collective, destinées à commémorer les sanglantes émeutes du quartier noir de Watts, qui ont eu lieu sept ans plus tôt (on comptera 30 morts et 9000 blessés), et à célébrer l’esprit de résistance et la vitalité de la culture noire.
 
Chargé d’immortaliser l'événement, le réalisateur (blanc) Mel Stuart a su mêler aux séquences du concert un aperçu de la réalité de Watts, en promenant caméra et micros dans le quartier, avec les commentaires acerbes d’un comédien inoubliable, Richard Pryor. Trente-cinq après, son film, devenu mythique, fait revivre ce moment de l’histoire américaine où la lutte pour les droits civiques avait mené les Noirs à la reconquête d’une fierté communautaire, avant que bien des rêves ne s’enlisent. Il ressuscite aussi une culture populaire incarnée de manière incroyablement tonique par la musique, le langage, le look et l’humour.
Arte

 

samedi 16 janvier à 18h00
jeudi 21 janvier à 20h30
samedi 23 janvier à 21h



 
 
Charles Burnett

Loin des clichés hollywoodiens mais tout aussi éloigné de l’engouement suscité par la Blaxploitation, Charles Burnett, cinéaste discret qui a grandi dans le ghetto de Wax, admiré par bon nombre de cinéastes dont Spike Lee, va ouvrir la voie à un cinéma plus réaliste (on le comparera à Rossellini) et tenter de décrire avec justesse et beaucoup de nuances la vie quotidienne des afro-américains. Nous vous invitons à découvrir ses deux premiers longs métrages Killer of Sheep (1977) et My Brother’s Wedding (1983) jusque-là inédit en France.

 

 

 

Killer of Sheep
Charles Burnett - 1h23, n&b, Etats-Unis, 1977.

Le ghetto afro-américain de Watts à Los Angeles. Stan, ouvrier mélancolique, épuisé par son emploi dans un abattoir de moutons et par ses responsabilités de père de famille, résiste à la tentation de l’argent facile, sous le regard de sa femme qui n’arrive plus à communiquer avec lui...
 
Déclarée "trésor national", cette œuvre fait dorénavant partie des 50 films les plus importants de l’histoire du cinéma américain, préservés dans la bibliothèque du Congrès. Nos films se voulaient une réponse aux images stéréotypées propagées par Hollywood. Nous voulions raconter notre propre histoire et développer notre propre esthétique.
Charles Burnett


lundi 18 janvier à 21h
samedi 23 janvier à 16h30

 

 
 

 

My Brother’s Wedding
1h15, coul, États-Unis, 1983

Un jeune homme travaille avec ses parents, propriétaires d’une laverie. Il apprend que le mariage de son frère, avocat, a lieu le même jour que les obsèques de son meilleur ami, tué après sa sortie de prison. Une tragi-comédie, mais aussi un portrait de la communauté afro-américaine du quartier de Watts au sud de Los Angeles.
 
Ce sont des jeunes gens qui n’ont jamais vraiment grandi, qui ont subi un lavage de cerveau, qui n’arrivent pas à dire qu’ils méritent mieux que d’être pauvres. Ils ressemblent beaucoup aux jeunes avec qui j’ai grandi. Comme le système est contre nous, en tout cas n’est pas fait pour nous, il faut être fort, et en avoir conscience.
Charles Burnett
 
Télécharger le dossier de presse

lundi 18 janvier à 18h30
samedi 23 janvier à 18h30
dimanche 24 janvier à 20h

 

 

 

 

 

Nuit Blaxploitation
un concert - deux films

En 1970 commence à se dessiner l’arbre généalogique du cinéma noir américain. Sur son versant commercial, le cinéma de la Blaxploitation (contraction de black et exploitation) obtiendra rapidement une reconnaissance internationale en recyclant tous les stéréotypes du cinéma de genre (policier, horreur, kung-fu, espionnage...). Pam Grier, Richard Roundtree ou Jim Kelly seront les icônes de ces films qui véhiculent une image décomplexée et jubilatoire, celle d’un super-héros black maîtrisant son destin, se jouant du système, le tout avec un humour provocateur teinté d’autodérision. Cotton comes to Harlem est un film précurseur, Shaft le film fondateur de cette Blaxploitation.

Le concert avant les films : le Retour du Boogie
samedi 16 janvier - 1re partie: 20h – 2e partie: 22h30

 

 

Les films issus de la Blaxploitation se distinguent par des bandes originales exceptionnelles, conçues par les plus grands musiciens noirs de l’époque. Ce soir, le groupe de DJ’s bisontins, qui ne cachent pas leur admiration pour ces maîtres de la musique soul funk ou jazz leur rendront un hommage particulièrement groovy... et donneront encore plus d’intensité et d’actualité aux images qui suivront.

 

 
 

 

Entrée libre avec un billet pour la séance cinéma

 

 
 
 

 

Cotton Comes to Harlem (Le Casse de l’oncle Tom)
Ossie Davis – 1h37, coul, Etats-Unis, 1970
d’après le roman de Chester Himes

Deux flics sont chargés de mener une enquête sur les activités douteuses du prêtre local Deke O’Malley dont le mouvement politique "back to Africa" semble être une arnaque pour extorquer de l’argent à la communauté noire de Harlem.
 
L'aventure est traitée en comédie policière, avec force péripéties caracolantes et burlesques. Mais au passage, pas mal de choses intéressantes sont dites ou montrées: le respect que les Noirs imposent aux Blancs, la lutte contre la mafia (blanche ou noire) qui rançonne les gens des ghettos, la destruction du mythe aliénant du "retour" à la terre des ancêtres.
Marcel Martin, Lettres Françaises, 1971
 

samedi 16 janvier à 21h - (concert à 20h)
mercredi 20 janvier à 18h30

 
 

 
 

 

Shaft
Gordon Parks – 1h36, coul, Etats-Unis, 1971
avec Richard Roundtree

John Shaft doit retrouver la fille de Bumpy Jonas, baron de la drogue sur lequel la mafia blanche fait pression. Il va réussir en s'associant à un groupe de militants noirs qui a le plus grand besoin de l'argent de Bumpy pour... lutter contre lui.
 
La chanson du générique annonce la couleur: voici Shaft, privé noir à Harlem, "sex machine pour les frangines", "qui risque sa peau pour son frérot" et "va pas se dégonfler quand partout y a du danger". Un héros, un vrai, sexy, macho, cool et costaud, qui tombe les filles, boit sec et cogne dur. Super privé noir contre vilains flics blancs, humour provoc', clichés sans complexes: une impeccable machine à dollars devenue mondialement célèbre grâce au tube d'Isaac Hayes. Shaft est le polar phare de la Blaxploitation.

samedi 16 janvier à 23h15 - (concert à 22h30)
mercredi 20 janvier à 21h


 

 

 

Calendrier

 

 

vendredi 15 janvier
 
samedi 16 janvier - Nuit Blaxploitation
18h00  Wattstax
23h15  Shaft

dimanche 17 janvier

 

 

lundi 18 janvier
 
mardi 19 janvier
 
mercredi 20 janvier
21h00  Shaft
 
jeudi 21 janvier
20h30 Wattstax
 
vendredi 22 janvier
 
samedi 23 janvier
 
dimanche 24 janvier

 

 

 

 

 

 

Tarifs

Plein : 3,50 €
Réduit : 3 €
Avantages jeunes et passeport théâtre de l'Espace : 2,50 €